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C’est la deuxième fois qu’il s’y essaye… sans succès. Le géant du jouet, Mattel, vient de se casser le nez une nouvelle fois avec Aristote (Aristotle en anglais). Sa drôle de nounou ne sera pas commercialisée. Mattel jette donc l’éponge…

Nombreux sont ceux qui se sont mis en travers de la route du célèbre constructeur de jouets. Deux parlementaires, inquiétés par la dangerosité du jouet sur la vie privée des tout-petits, l’ont vite fait savoir à l’intéressé. Une pétition pour aider à protéger la vie privée des enfants avait récolté pas moins de 15000 signatures.

Mattel préfère oublier Aristote

Nabi a voulu créer pour le compte de Mattel un jouet doté d’une intelligence artificielle qui puisse discuter avec les enfants et les suivre au quotidien. Ce jouet peut mettre de la lumière quand les bébés se réveillent la nuit. Il s’amuse avec les enfants et peut appeler les parents si nécessaires. Une vraie nounou numérique en somme avec une caméra… On peut lui parler, lui demander des histoires et interagir avec elle. Aristote, la nounou, se connecte même à un téléphone portable.

Mais, ce produit intelligent n’était toutefois pas du goût de tout le monde… Effectivement, comment Mattel aurait stocké et conservé les données recueillies sur cette population vulnérable ? Des publicitaires ou des pirates informatiques auraient pu avoir accès aux données violant ainsi la vie privée des enfants.

Au regard du mécontentement ambiant et après un examen complet du produit, Mattel a décidé de ne pas vendre le produit Aristote.

Mattel avait déjà échoué avec Hello Barbie

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Une fois n’est pas coutume… C’est donc la deuxième fois que Mattel a des problèmes avec des jouets dotés d’une intelligence artificielle. Le FBI avait tiré la sonnette d’alarme pour Hello Barbie, poupée équipée d’un micro et capable d’avoir des discussions avec les petites filles. Cette poupée, selon le FBI, « mettait en danger  la vie privée et la sécurité des enfants en raison de la grande quantité de données personnelles qui pouvait en être tirées à leur insu ».

La troisième fois sera peut-être la bonne… Mattel n’a plus qu’à redoubler d’imagination pour fournir un jouet intelligent. Mais il doit être sans danger pour la vie privée de nos chères têtes blondes. Affaire à suivre…

 

Un contexte qui dépasse l’univers du jouet.

Ce renoncement de Mattel à commercialiser un jouet doté d’une intelligence artificielle intervient dans un contexte de forte animosité autour de ce sujet. Il y a quelques semaines, Marc Zuckerberg, le fondateur de Facebook lui-même, et Elon Musk, le fondateur de Tesla, s’étaient vigoureusement opposés à ce sujet. Elon Musk pointait du doigt les dangers de cette intelligence artificielle (IA), évoquant notamment le stockage de toutes ces données et la possibilité de voir un jour une IA hors de contrôle. Il a demandé aux autorités américaines de mettre en place une régulation. De son côté, Marc Zuckerberg avait qualifié les déclarations d’Elon Musk « d’irresponsables ». Il a, lui, expliqué que l’IA pouvait permettre d’arriver à un « monde meilleur » dans les domaines de la sécurité routière, de la santé, ou encore du système de protection sociale.